Habitat-Jardin │ Tour de Terre - Blog

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Lausanne jardins 2019: terre à terre

Publié le 07.02.2018 par Habitat - Jardin
tour de terre
La pleine terre est le thème de la sixième édition de Lausanne Jardins en 2019. En ville, ce sont ces quelques espaces urbains qui n’ont jamais été ni bétonnés, ni imperméabilisés. Ils sont restés en contact avec le monde d’en-bas, celui qui donne une bonne partie de sa richesse au monde d’en-haut. Parce que le sous-sol s’exprime en surface.

Plus de 20 jardins seront présentés de mai à octobre 2019, dans la ville, au fil d’un parcours d’environ quatre kilomètres, presque au plat. Une gageure à Lausanne ! Dans le confort de cette déambulation, les paysages défileront à toutes les échelles : des échappées sur le grand paysage du lac et des Alpes, mais aussi des paysages plus modestes, jardins publics revisités, petites forêts révélées, grands parcs animés, parkings transfigurés… Tous cherchant à nous révéler le trésor du sol et de la terre.


LJ19 à Habitat-Jardin 2018
la Tour de Terre


Au centre de la halle nord, les visiteurs découvrent un objet  étonnant, une tour de terre de plus de 9 mètres de haut, composée de sacs de terreau empilés. Au sommet de la tour, la terre fertile d'un jardin de sous-bois en plein réveil, plein d’odeurs de mousse et de brume, porteur d’une promesse de luxuriance.


Pourquoi des sacs de terreau ?
Le matériau de base est le sac de terreau, tel qu’on le trouve au garden center. La tour est construite par l’empilement d’un produit banal pour le jardinier urbain : des milliers de sacs de 40 litres, remplis de ce terreau noir devenu pour beaucoup d'entre nous le seul contact que nous avons gardé avec la terre...

Au-delà de son imposante présence au cœur d’Habitat-Jardin, la Tour de Terre veut offrir une expérience immersive aux visiteurs. Lors de la montée de l’escalier qui mène au jardin et à la lumière, tout est fait pour emmener le public dans un voyage au centre de la terre. Non pas celle de feu et de gaz du roman de Jules Vernes, mais celle des champs et des jardins, fertile, habitée, vivante et profonde. Et tellement précieuse, même si elle ne coûte que quelques centimes par litre en magasin…

• le terreau
Le terreau utilisé dans les sacs de la tour de terre est garanti d’origine suisse par l’entreprise Ricoter, partenaire-clé du projet.


Etablie à Aarberg, Ricoter appartient au groupe Sucre suisse SA, actif dans la betterave sucrière. C’est d’ailleurs dans la culture de la betterave que Ricoter puise l’une de ses principales ressources : ses terreaux sont en effet issus du recyclage des matières produites par l’agriculture, la sylviculture, l’horticulture et l’industrie alimentaire. Au total, ce sont quelque 220'000 m3 de matériaux terreux qui sortent chaque année de sa centrale de conditionnement à Aarberg, pour une distribution dans tout le pays. Son marché couvre aussi bien les besoins des particuliers que ceux des professionnels. En un mot, le commerce du terreau en Suisse est très largement assuré par la firme bernoise.

Ricoter est le seul producteur suisse qui dispose d’une machine à ensacher, qui permet la commercialisation de matériaux pour le jardin : terreaux standards ou spécialisés, compost, succédanés de tourbes, écorces, billes d’argile, paillis, etc. De nombreux petits producteurs, dont certaines compostières locales, ont recours aux services de Ricoter pour conditionner leurs produits, à destination des professionnels et des particuliers. Le terreau de la tour a été spécialement conditionné en sacs transparents.

En plus de sa marque éponyme, l’entreprise bernoise en possède plusieurs autres, dont les terreaux Belflor, la Terre suisse de l’horticulteur, Primaflora, etc. Depuis 2014, Ricoter ne recourt plus à la tourbe dans ses mélanges, qu’elle remplace par des succédanés.


• l'échafaudage

L’entreprise vaudoise Richard Echafaudage a une grande expérience en matière de constructions temporaires un peu folles.


Vincent Richard n’aime rien tant que bâtir ces structures inédites, sortant de l’ordinaire, entièrement fabriquées sur mesure. Il est d’ailleurs un partenaire régulier de l’espace HES qui, chaque été, anime le Paléo Festival de Nyon.

Richard échafaudage fournit, monte et démonte la structure et en garantit la sécurité.

• le jardin sommital : le réveil végétal
La pleine terre, le sous-sol, ses qualités et ses lacunes s’expriment en surface. Au sommet de la Tour de Terre, dans une terre riche et fertile, un jardin de sous-bois est en train d'éclore.

Au dernier étage, perché à 6 mètres du sol, un jardin est installé sur une plateforme. Le jardin est luxuriant, il est une chambre de verdure avec ses recoins et ses surprises. Quelques chaises et des tables, pour s’arrêter et se reposer un instant dans cet espace né de la terre du dessous. Des jeux de volumes sont créés avec différentes hauteurs d'empilement de sacs, et par le choix des plantes. Elles
se trouvent à différents stades de développement, en débourrage ou
déjà en feuilles.

Les fougères déroulent leurs crosses, les prêles poussent leur tête vers le ciel, les grosses feuilles des pétasites et des rhubarbes géantes se déplient comme des éventails encore froissés par le sommeil de l'hiver. Un tapis de fleurs blanches et mauves des scilles, émergent de l'humus, entre un tapis de petits chênes, promesse d'une forêt à venir.

Sur une conception du bureau paysage n’co, les plantes ont été mises en culture dès le début de l’hiver, dans les serres du SPADOM (Service des Parcs et Domaines de la Ville de Lausanne). La plupart ont été conditionnées en serres tempérées pour atteindre le développement attendu début mars. Car à cette saison, il n’y a guère que les primevères et les noisetiers qui fleurissent déjà.

Les plantes :
Les couvre-sols (pachysandres) et les bulbes (scilles) forment un tapis de fond ; les plantes vivaces de sous-bois (fougères, prêles, pétasites, gunneras…) sont installées en colonie. Des arbustes à écorce colorée, rouge, jaune (cornouillers) sont disposés tout autour du jardin. Du lierre débordant de la tour rendent le jardin visible du dehors.

• lumière et son
Dans l'escalier, des jeux de lumières et de sons, dans une ambiance de pénombre, renforcent la sensation de traverser l'épaisseur du sol.


Des leds disposées à la manière d’un « pixel art » entre les sacs de terres confrontent art numérique et espace vivant. Chaque diode est contrôlée séparément pour créer une fluidité et une réalisation lumineuse organique. Des haut-parleurs diffusent des sons enregistrés sous terre et dans la terre. Ces médias évoquent le travail de l'eau, des vers de terre et les phénomènes physiques, chimiques et biologiques qui sont à l'œuvre dans les horizons du sol, Ils accompagnent la montée au jardin. Au sommet, une fois dans le jardin, des brumisateurs ajoutent à l'ambiance de sous-bois. Une mise en lumière du jardin et de la tour de l'extérieur renouvelle la présence de la tour dans les halles du salon Habitat-Jardin.

Le Centre d’Expression Numérique et Corporelle (CENC), est l’auteur de cette mise en scène sonore et visuelle. www.cenc.ch

• l’équipe
Le SPADOM de la ville de Lausanne, l’EVAM, Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants, le bureau concepteur paysage n’co et Monique Keller, commissaire de LJ19, Richard échafaudages, Ricoter SA, le collectif Cenc, ainsi que les maîtres d’ouvrage, Habitat-Jardin et l’association Jardin urbain : une véritable équipe s’est constituée autour de la Tour de Terre
.

Chacun des partenaires a participé au projet tel qu’il existe aujourd’hui. Mais avant cela, comme tout projet sur mesure de cette ampleur, il a fallu se mettre d’accord, chiffrer, étudier tous les aspects de la Tour de Terre, et en particulier sa mise en œuvre. Personne n’avait jusqu’ici empilé des sacs de terreau sur une hauteur de plus de six mètres ! Des tests en taille réelle ont été effectués en janvier 2018. Pour vérifier la statique mais aussi l’esthétique de la Tour de Terre. Le mode d’empilement est repris du standard utilisé sur palettes, ce qui donne aux murs de la tour une épaisseur de 80cm. Une véritable forteresse.

Le temps de montage a aussi pu être estimé. Il a fallu une dizaine de personnes au total durant 5 jours, pour monter la Tour de Terre, empilement des sacs et échafaudages compris. Il en faudra autant pour démonter.

•… et après ? on recycle !
Le terreau, les plantes et l’arrosage automatique sont intégralement repris par le SPADOM (Service des parcs et domaines de la ville de Lausanne) pour ses plantations et travaux. Le système d’arrosage automatique également.

L'échafaudage est repris par l'entreprise Richard.

L’éclairage est recyclé dans d’autres projets du collectif Cenc.

• en chiffres :
1 échafaudage de structure de 6m20 de haut
des murs de 80 cm de large
un total de 8000 sacs sur 175 palettes
1 escalier traversant la structure sur l'équivalent de 2 étages
des jeux d'éclairages LED et sonores évoquant le travail de l'eau, des vers de terre et tous les phénomènes, physiques, chimiques et biologiques qui sont à l'œuvre dans tous les horizons du sol
1 jardin de printemps comptant 800 végétaux et 22 variétés, plantés directement dans les 1000 sacs du sommet


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